Les Amis 911

SAINT-PAULIN.  Denis Savard a été témoin d’une grande partie de l’histoire de la caserne de Saint-Paulin, car il y est maintenant pompier depuis 45 ans. Des changements dans le métier, il en a vu et il en a vécu dans sa carrière marquée par le dévouement, la passion et le courage.

Denis Savard se rappelle l’époque des téléphones rouges, celle où il a commencé de manière inattendue sa carrière de pompier. “Ça a débuté quand j’ai commencé à sortir avec ma femme. Mon beau-père était chef. J’étais en train de veiller et il y a eu un call pour un feu. Il me dit : est-ce que ça te tente de venir? On ne sera pas gros ce soir. Ça a commencé comme ça! Après, j’ai été engagé par la Municipalité.” C’était en 1979.

En 1988, de grands changements sont arrivés à la caserne de Saint-Paulin. Cette année-là, la brigade a suivi ses premières formations officielles et les fameux téléphones rouges sont troqués pour un système de répondeur automatisé. Les pompiers sont alors équipés de téléavertisseurs (pagettes).

“L’habillement a beaucoup changé. Les communications aussi, indique M. Savard. Maintenant, avec le 911, on s’assoit dans le camion et on a toutes les informations en direct. Avant, on avait l’adresse, mais on arrivait sur les lieux et on ne savait pas à quoi s’attendre”, raconte Denis Savard.

Ce dernier explique que jusqu’en 1988, la municipalité comptait six “téléphones rouges” dans autant de résidences. En cas d’incendie, c’est sur un de ces téléphones qu’il fallait appeler. À partir de là, c’est la femme du chef qui appelait tous les pompiers, à tour de rôle, pour les avertir de l’incendie en cours. Il y avait bien entendu des désavantages comparativement à la méthode moderne. “Si tu étais en train de faire ton gazon, tu ne l’entendais pas!, déplore le pompier. Et c’était des téléphones à roulette, dans le temps! Quand tu pognais des 9 dans le numéro, c’était plus long!”

“Dans le temps que je restais chez mes parents, on en avait un, téléphone rouge, car mon frère André et moi, on était pompier, raconte-t-il. Ma mère avait fait le tour une fois et personne n’avait répondu. Elle avait dû recommencer!” Il se rappelle aussi que beaucoup plus de curieux se présentaient sur les lieux des incendies à l’époque, car tout un village était alerté. Il y avait même un téléphone rouge à l’hôtel!

Même si le 911 a pris le relais à partir de 1995, Denis Savard est aujourd’hui encore équipé d’un téléavertisseur, car il n’a pas droit à son téléphone portable sur son lieu de travail.

Également, l’habillement du pompier d’aujourd’hui n’a rien à voir avec celui de l’époque où Denis Savard a commencé sa carrière de pompier. À la fin des années 70, il se rappelle que la combinaison était constituée de bottes longues mi-cuisse, d’un long manteau mi-mollet, et d’un casque aussi léger qu’un casque de vélo. Aucun appareil respiratoire n’était compris dans l’équipement de l’époque. “On ne faisait pas d’attaques en dedans non plus. On était plus sur du travail défensif que sur du travail offensif”, dit-il. Ces vêtements étaient imperméables, mais inflammables, et comprenaient des boutons qui pouvaient fondre au contact de la chaleur.

 

 

Les pompiers ont dû s’adapter à ces changements, notamment le poids des équipements. “On vient justement d’avoir de nouveaux appareils respiratoires. Ça s’améliore de plus en plus. Le poids, au lieu d’être sur les épaules, est sur le bassin”, explique M. Savard, ajoutant qu’il est ainsi plus facile de se mouvoir. Par le passé, les appareils comprenaient des bonbonnes d’acier, beaucoup plus lourdes que les bonbonnes de carbone d’aujourd’hui.

La seconde famille de Denis Savard

Lors du Gala Reconnaissance de la Régie des services de sécurité incendie regroupés (RSSIR) de la MRC de Maskinongé, une épinglette a été remise à Denis Savard pour souligner ses 45 années de service en tant que pompier. Ce dernier a également été chef de la caserne de Saint-Paulin de 2011 à 2014.

Être pompier, c’est énormément de temps en parallèle à un autre emploi. Qu’est-ce qui a convaincu M. Savard de rester aussi longtemps? “J’adore travailler en équipe, dit-il. Quand ça sonne, on s’en vient à la caserne, on part pour le feu… c’est l’adrénaline!”, lance-t-il.

Il faut rappeler qu’une brigade de pompiers devient rapidement une famille. Parfois même littéralement, car le fils de Denis Savard est également pompier. “On a passé de la passion qu’on avait! Dans la famille Savard, au party de Noël, on est six à être partis sur un feu. Moi, mon gars, mon frère André, son gars, notre neveu Mathieu et notre nièce Cindy.”

Aujourd’hui âgé de 63 ans, Denis Savard n’est pas en mesure de dire combien de temps il restera pompier, mais pour l’instant, ce n’est pas encore dans ses plans de tirer sa révérence.

Denis Savard, 45 ans au service de la caserne de Saint-Paulin - L’Écho de Maskinongé

 

Pompier depuis 45 ans 

Une vocation bâtie sur la passion

La maison de Denis Ringuette est un véritable musée avec des centaines d'objets sur les étagères ou les murs reliés à la profession de pompier. Photo L'Écho - Bernard Lepage

Par Bernard Lepage

2 mars 2023, 

PROFESSION.  Il y a 50 ans ce mardi 21 février, Denis Ringuette combattait son premier incendie… à l’âge de 15 ans. 

“C’était la maison de la famille Bélisle et leur magasin, se souvient l’homme de 65 ans. Je regardais le feu et le chef de police m’a demandé si je voulais arroser. Je lui ai dit que je n’avais pas 18 ans. Il m’a mis la hose dans les mains en me prévenant de faire attention et de ne pas rentrer à l’intérieur. C’est comme ça que j’ai commencé dans le métier.”

Passion et vocation sont probablement les mots qui décrivent le mieux ce Louisevillois. Passion, car sa maison est un véritable temple où s’entassent des centaines d’objets et souvenirs reliés à la profession. C’est aussi habillé en pompier qu’il a prononcé ses vœux de mariage. Et vocation, car il fait toujours partie aujourd’hui de la brigade de pompiers volontaires de la ville.

Il faut dire que Denis Ringuette a de qui retenir. Sur un mur de la maison, il pointe avec fierté une plaque remise à son père Dorian pour ses 35 ans de services comme pompier à Louiseville, dont les dernières en tant que capitaine de la brigade.

“Quand on fait ce métier-là, c’est pour sauver des vies, protéger des biens matériels”, indique celui qui a grandi dans une maison située derrière la caserne. “Quand la sirène sonnait, on appelait ça le bœuf, mon père, mon frère et moi, on enfilait notre uniforme et on courrait dehors jusqu’aux camions”, se rappelle-t-il.

En cinq décennies, il a frôlé le danger à quelques reprises comme cet incendie dans une manufacture de meubles où, juché au sommet d’une échelle à arroser les flammes à travers une fenêtre, l’ouverture d’une porte à l’intérieur de la maison libère instantanément une énorme pression qui le fait basculer par terre… 35 pieds plus bas. “Je venais d’avoir 18 ans. J’avais la moitié du visage brûlé et plus de cheveux. Mais je n’ai jamais eu peur d’y retourner”, souligne-t-il.

Il se rappelle plein d’anecdotes, dont celle où son père lui disait que la zone avait besoin d’un bon nettoyage. “Ça voulait dire qu’il fallait éloigner les curieux qui se rapprochaient trop. Dans ces moments-là, je faisais semblant de tomber pis j’arrosais le monde un peu. Ça ne prenait pas de temps que ça reculait”, sourit-il.

Son plus grand combat

Depuis un peu plus de 10 ans, Denis Ringuette n’entre plus à l’intérieur des bâtiments en feu. Un cancer de la langue, qui a nécessité 33 traitements au laser et deux chimiothérapies, a eu comme conséquence qu’il produit très peu de salive. “Avec les équipements des pompiers aujourd’hui, je ne pourrais pas respirer. Je m’occupe donc d’opérer les camions pis si on a besoin d’arroser de l’extérieur, c’est moi qui le fais.”

Le Louisevillois raconte cette période difficile avec émotion. “Bien plus que tous les feux que j’ai combattus, le cancer a été mon plus grand combat.Je suis passé proche d’y rester. Je pesais à peine 150 livres et j’étais faible, assis dans mon fauteuil à regarder dehors. Tous les jours, les gars passaient devant la maison tranquillement, allumaient les flashers du camion en me faisant salut. Même les pompiers des autres municipalités venaient me voir pour m’encourager. Il en a même un de Yamachiche qui m’a écrit un poème. Je le savais déjà, mais j’ai encore plus compris dans ce temps-là que les pompiers, c’est une vraie famille”, conclut Denis Ringuette qui, si la santé lui permet, voudrait bien se rendre jusqu’à 70 ans avant d’accrocher son casque.

Une vocation bâtie sur la passion - L’Écho de Maskinongé 

Pompier depuis 50 ans